Gingins (famille de)

 

Données de base

IdentifiantGingins (famille de)
 

Infos de prov.

Zone d'identification

Type d'entité:Famille
Forme(s) autorisée(s) du nom:Gingins (famille de)

Zone de la description

Histoire:La famille féodale de Gingins tire son nom de la terre de Gingins, localité située au nord de Nyon, qu'elle posséda du XIIe siècle à 1659 et dont elle, plus précisément le colonel Henri de Gingins, racheta le château en 1841. C'est ainsi qu'en 1911 la famille de Gingins s'éteignit au lieu même où elle avait pris naissance.

La localité de Gingins était le centre d'une seigneurie qui comprenait les territoires de Gingins, Chéserex, Grens, Avenex, Signy, Borex, Trélex et Givrins. Les actes anciens ne signalent pas la présence d'un véritable château seigneurial à Gingins, mais seulement celle d'une grosse maison rurale. Ce n'est qu'en 1440 que le seigneur Jean y construisit un château.

La famille de Gingins remonte, par filiation suivie, à Aymon, chevalier 1211, et précédemment à Etienne dont le nom apparaît dès 1123. Il reçut vraisemblablement la seigneurie de Gingins de sa mère Hélvide et non de son frère, le seigneur de Divonne.

Dès le XVe siècle, l'histoire de La Sarraz se double de celle des Gingins. C'est, semble-t-il, à la fin du XVIe siècle, après la conquête bernoise, que les bâtiments seigneuriaux de La Sarraz ont pris l'aspect que nous leur connaissons maintenant. Le général Hans-Franz Naegeli (né vers 1500-1579), chef des troupes bernoises parties à la conquête du Pays de Vaud en 1536, avait fait vider le château et y avait mis le feu.

Le château de La Sarraz doit sa naissance à la reprise des activités commerciales que les grandes invasions barbares avaient bloquées. En effet, au XIe siècle (vers 1050) Adalbert II de Grandson construit le château de La Sarraz, peut-être une simple tour, afin de surveiller le défilé que les marchands empruntaient pour franchir la barrière rocheuse du Mormont. Le château fort, érigé sur ce passage resserré (serratum La Sarraz), s'appuyait au Mormont comme à une gigantesque muraille naturelle qui concentrait tout le trafic vers ses portes et ses péages. Au XIIe siècle, Ebal I de La Sarraz-Grandson agrandit le fort et s'y installe. Le château de La Sarraz est désormais la résidence de la branche aînée des Grandson et le centre de leurs vastes possessions. En même temps, au pied de la colline couronnée par le château, apparaît une agglomération artisanale et agricole qui fut fortifiée avant la fin du XIIIe siècle et nantie de droits de cité.

Aymon, mort en 1296, n'eut que des filles. L'une d'elles, Henriette, épousa Humbert de Montferrand à qui échut par conséquent la seigneurie de La Sarraz. Dernière de la maison Grandson de La Sarraz, Henriette fut l'aïeule des La Sarra-Montferrand. Le père d'Henriette, Aymon avait dû reconnaître la suzeraineté des comtes de Savoie pour la seigneurie de La Sarraz et les sires de La Sarra-Montferrand étaient eux aussi feudataires de la maison de Savoie pour le château. C'est à eux que l'on doit deux éléments caractéristiques de la silhouette du château : les deux tours puissantes qui s'élèvent à l'entrée du château.

Le fleuron de la lignée fut François de La Sarra-Montferrand. Il détenait le bailliage de Vaud et, par héritage, la souveraineté sur Vevey et sur Montreux. Peu avant de mourir, il érigea en dehors du mur d'enceinte du château la chapelle d'Antonin où furent inhumés les gens de la lignée. François fit faire pour sa dépouille mortelle un tombeau sur lequel il est représenté tel un cadavre putréfié et rongé par des vers et des crapauds. Par de telles sculptures, fréquentes en France à l'époque, on exprimait l'effroi face à la mort.

La baronnie de La Sarraz fut morcelée. En effet, les quatre fils de Joseph de Gingins (1554-1622) - Sébastien, Jean-François, Albert et Joseph - ne parvinrent pas à trouver un compromis à la mort de leur père. Chacun d'eux exigea sa part, l'aîné le tout. Berne dut intervenir pour régler le litige. Le démantèlement fut alors inévitable. En 1626, un traité de partage, entraînant l'éclatement de la baronnie, fut signé. Quatre seigneuries furent découpées et distribuées de l'aîné au cadet respectivement : celle de La Sarraz et Ferreyres à laquelle demeure attaché le titre de baron, celle d'Orny et de Pompaples, celle d'Eclépens et de Villars-Lussery, et enfin celle de Chevilly. En 1645, Pompaples fut séparée d'Orny et, en 1674, Villars-Lussery d'Eclépens. La baronnie demeura néanmoins aux Gingins jusqu'en 1798, passant d'une branche de la famille à une autre. Quant au domaine, il est resté leur propriété jusqu'en 1901, date de la mort de Marie Anne Sophie de Gingins, tante d'Henri de Mandrot à qui elle légua le château de La Sarraz.

Joseph de Gingins, baron de La Sarraz de 1538 à 1623, put, grâce à la dot de son épouse, restaurer et agrandir le château. Il créa entre autres le vaste vestibule du rez-de-chaussée, appelé salle des chevaliers au XIXe siècle. Au XVIIIe siècle, un souci de confort apparaît au château. De grandes salles sont divisées en pièces de dimensions plus agréables, d'élégantes boiseries, commodes, ainsi que cheminées sont posées et de très beaux mobiliers sont acquis. Le XIXe siècle fut une période brillante pour La Sarraz, riche en personnalités variées. Frédéric de Gingins, botaniste et historien, entreprend dès 1830 de grands travaux de restauration et d'aménagement à La Sarraz. Il fait construire notamment, les écuries néoclassiques du château, transforme la façade sud-est, aménage la bibliothèque et complète les précieux apports du XVIIIe siècle en mobiliers et autres objets de valeurs. Vers 1850, Frédéric de Gingins se retire à Lausanne pour céder la place à son frère cadet Henri, qui entreprendra lui aussi certains travaux à La Sarraz, et à sa nombreuse famille. Le vingtième siècle marque la fin de la lignée des Gingins. Leur héritier Henri de Mandrot, qui n'a pas d'enfant, assure très tôt la conservation de l'héritage des Gingins en créant en 1911, la société du Musée romand à laquelle il lègue tous ses biens à sa mort, en 1921. Quant à son épouse Hélène de Mandrot, elle ouvrira La Sarraz au monde des idées et des arts de son temps en fondant la Maison des Artistes. Des artistes de renommée internationale défileront ainsi au château de La Sarraz : Eisenstein, Max Ernst, Le Corbusier et beaucoup d'autres (voir ACV, PP 869).

Informations internes des archives

Code d'identification:[01874]

Relations avec des ressources archivistiques

Identification et intitulé de la ressource associé:P Château de La Sarraz; PP 111