Société de Belles-Lettres de Lausanne

 

Données de base

IdentifiantSociété de Belles-Lettres de Lausanne
 

Infos de prov.

Zone d'identification

Type d'entité:Collectivité
Forme(s) autorisée(s) du nom:Société de Belles-Lettres de Lausanne

Zone de la description

Histoire:La Société de Belles-Lettres a été fondée le 17 novembre 1806, à Lausanne, par 5 étudiants. Benjamin Golliez, Charles Monard, Jean Cordey, Charles Perret et Jean-Louis Bolens créèrent cette société dans le but de développer, ensemble et avec tous les étudiants qui allaient les rejoindre, l'amour du pays romand et de sa littérature. Les premières décennies ne furent pas faciles et la société cessa même d'exister de 1819 à 1820, puis à nouveau de mars 1822 à janvier 1823.
D'autres sociétés de Belles-Lettres virent le jour à Genève en 1824 (sous le nom de Société de littérature jusqu'en 1826), Neuchâtel en 1832, Fribourg en 1899, Berne en 1911, Zurich en 1920 et Saint-Gall en 1983. Une section d'Anciens Bellettriens fut même créée à Paris, en 1985. Toutefois, chacune garda toujours une entière autonomie, même lorsque apparurent les premiers règlements centraux (1864). En 1835, les sociétés de Lausanne et Genève entrèrent en relation, et en 1845, apparut à Genève ce qui deviendra l'insigne commun, la casquette verte, portée à Lausanne dès l'été suivant.
Belles-Lettres est une société dont on est membre à vie. Mais cela n'a pas toujours été le cas. Ainsi, Belles-Lettres a longtemps été considérée comme une société de collégiens. La plupart des membres entraient ensuite à l'Académie et, par là même, dans une autre société d'étudiants (Zofingue ou Helvétia). C'est en 1859 que Belles-Lettres sort de cette situation d'infériorité, avec une loi interdisant aux collégiens d'entrer dans les sociétés d'étudiants. Belles-Lettres fut forcée d'élever à seize ans l'âge d'admission de ses membres et devint, du même coup, une société académique, c'est-à-dire l'égale de Zofingue et d'Helvétia.
À partir du 30 avril 1846, la Société de Belles-Lettres de Lausanne organisa une Fête centrale à Rolle. Celle-ci devint annuelle, et c'est au cours de celle de 1848, première à réunir les 3 sociétés (Lausanne, Genève et Neuchâtel), que le ruban vert-rouge-vert fut ajouté à la casquette et que la devise Union-Étude fut adoptée.
En 1880, la Société des Anciens Bellettriens Vaudois fut créée. Son importance dépasse le cadre de simples rencontres entre anciens frères de couleurs. Les Anciens Bellettriens ont souvent contribué financièrement à la mise sur pied de manifestations. C'est aussi eux qui créèrent les Éditions du Revenandray. D'autre part, c'est aussi les places qu'ils occupent dans la vie professionnelle (imprimeurs, rédacteur dans les journaux de la région, éditeurs ou libraires, pour ne citer que des exemples en rapport avec la publication de leurs textes) qui permet à Belles-Lettres d'avoir bien des ouvertures que sans cela elle n'aurait pas.
Durant la période 1856-1860, il existait au sein de l'Académie de Lausanne une autre société, la Société Mercurienne, qui poursuivait le même but que Belles-Lettres. La lutte qui opposa les deux sociétés trouva un heureux dénouement dans la fusion qui intervint en en novembre 1860. Belles-Lettres "absorba" la Mercurienne et le terme "persévérance" s'ajouta à sa devise, ainsi que le filet blanc à la casquette et au ruban.
L'activité littéraire de la Société de Belles-Lettres de Lausanne était importante : des pièces de théâtre furent représentées à partir de 1861, la Revue de Belles-Lettres commença à paraître en 1864 et, plus tard, les Éditions du Revenandray (1943) et le Prix de Belles-Lettres furent créés.
La Revue de Belles-Lettres trouve son origine dans une décision prise, à Rolle, le 29 avril 1864, par les 3 sociétés de Belles-Lettres de l'époque. Une telle revue avait bien existé antérieurement, à Genève d'abord (1836, 1846-1855 et 1860-1862), puis à Lausanne (1850 et 1859-1861), mais elle n'était que locale. Le but de la Revue de Belles-Lettres commune aux 3 sociétés était de les mettre en relation plus intime, de représenter l'esprit romand parmi les étudiants et de résister à l'envahissement alémanique. La publication était prise en charge par les sociétés, tour à tour, en changeant chaque année. Tout n'alla évidemment pas sans problème. Elle arrêta de paraître entre 1870 et 1873; dès 1930 les publications devinrent irrégulières, certaines séries chevauchaient 2 ou 3 ans, des numéros ne parurent simplement pas, lorsqu'il n'y en avait pas simplement aucun, comme en 1948. Mais les choses furent reprises en mains, dès 1952, et six numéros parurent dès lors chaque année; des cahiers spéciaux apparurent même à partir de là.
L'activité théâtrale de Belles-Lettres était très importante : les membres présentaient environ une pièce chaque année, puis même deux, avec l'introduction, en 1919, de leur théâtrale d'été. Les pièces qu'ils jouaient étaient la plupart du temps des comédies, mais ils se sont également essayés à la tragédie. Ils interprétaient donc les personnages de Molière, Shakespeare, Labiche, de Musset, Hugo, Marivaux, de Banville et autre Racine, représentant généralement leur spectacle sur plusieurs scènes de la région.
C'est dans le but de promouvoir des talents parmi les Bellettriens et afin de permettre aux jeunes comme aux Anciens de publier sans risque, que les Anciens Bellettriens Vaudois créèrent les Éditions du Revenandray.
Institué en 1971 par les sections d'actifs et d'Anciens de Lausanne, Genève et Neuchâtel et par la Société Auxiliaire de Belles-Lettres de Lausanne, le Prix de Belles-Lettres est distribué tous les 3 ans et sa valeur se montait à 5'000 francs.
Mais à côté de tout cela, il y a encore des sociétés annexes. En dehors des Anciens Bellettriens Vaudois, on trouve la Société Immobilière et la Société du Revenandray.
La Société Immobilière de Belles-Lettres a été créée en 1903 dans le but de mettre un terme à la recherche qui a préoccupé, à un moment ou à un autre, toutes les sociétés d'étudiants : trouver un endroit où tenir les séances. Belles-Lettres vagabonda beaucoup au cours du premier quart du XXe siècle jusqu'à ce qu'elle s'installe à la Pomme de Pin (Rue Cité-Derrière 13). Une société anonyme, la Pomme de Pin S.A., est créée afin de s'occuper de la gérance de l'immeuble. Dès lors que la quête de cette maison bellettrienne avait touché à sa fin, la Société Immobilière n'avait plus vraiment de raison d'être. C'est ainsi que, dès 1931, la société changea de nom pour devenir la Société Auxiliaire de Belles-Lettres et modifia ses activités. Son rôle essentiel fut dès lors d'apporter un soutien financier à Belles-Lettres, entre autre, en allouant des bourses à certains Bellettriens et finançant le Prix de Belles-Lettres. Les Bellettriens déménageront encore une fois mais n'iront pas loin, puisqu'ils éliront domicile au Lapin Vert (1944).
Et la Société du Revenandray, sans rapport avec les Éditions du même nom, avait pour but de gérer tout ce qui avait trait au chalet du Revenandray (commune d'Ormont-Dessus). Ce chalet fut fréquenté de manière régulière dès juillet 1898. Entre 1910 et 1935, des visiteurs prestigieux (Stravinsky, Gide et d'autres) y ont fait des séjours. Le chalet fut détruit par un incendie du 11 août 1935 dont la cause est demeurée inconnue (voir jugement du Tribunal d'Aigle du 3 décembre 1935). Sous l'égide d'André Verrey, un comité a été constitué dès le 4 décembre 1935 qui a abouti à l'achat de la propriété le 11 décembre 1935. Un nouveau chalet a été construit à la place de l'ancien; il fut inauguré le 18 juillet 1937.

Informations internes des archives

Code d'identification:[01357]

Relations avec des ressources archivistiques

Identification et intitulé de la ressource associé:P Belles-Lettres