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| Histoire: | I. La police de santé avant la révolution de 1798.
Dans l'antiquité, l'homme essaye de soulager les affections des animaux comme il soigne ses propres maladies. En effet, les médecins des civilisations orientales traitent les maladies humaines et animales sur le même pied et se spécialisent même dans la pratique vétérinaire; il y a des médecins pour gazelles, pour chiens, pour bêtes à cornes, etc. Il faut la philosophie grecque, puis le christianisme pour faire de l'animal une bête sans âme. La médecine vétérinaire subit alors une éclipse jusqu'au XVIIIe siècle où, peu à peu, les travaux de Bourgelat commencent à intéresser les cours d'Europe (Louis XV de France et Frédéric II de Prusse). La fondation de l'Ecole vétérinaire de Lyon en 1761 va donner un essor considérable à la science vétérinaire. De toutes parts affluent les étudiants. Les cantons suisses, de 1780 à 1790, y envoient dix jeunes hommes (maréchaux-ferrants, exécuteurs de basses oeuvres, fils de paysans) comme apprentis artistes vétérinaires. Cette pépinière de vétérinaires de campagne venait surtout du pays de Vaud.
Le gouvernement bernois promulga divers édits lors des grandes épizooties du commencement des temps modernes (pulmonie, surlangue, etc.). En 1765, le Conseil de santé de la ville de Berne envoie à toutes les communautés, aux gouverneurs et baillis, un « Règlement concernant le bétail à cornes pour le pays de Vaud ». Toutes les prescriptions promulguées éparses sont condensées dans ce règlement. C'est la première loi sur la police des épizooties du pays de Vaud ! Cette police est d'ailleurs très sévère puisqu'il y est dit: « ... voulans qu’il soit observé ponctuellement, en déclarant que ceux que y contreviendront seront punis à toute rigueur, sans aucun support, et que suivant la nature des cas Nous les dénoncerons à Leurs Excellences pour que les coupables soient châtiés en leurs corps, et même de mort suivant ce qu'il échera. » Déjà à cette époque existent divers contrôles de police sanitaire pour empêcher l'extension des épizooties. Le marquage du bétail, par exemple; « ... dès qu'il sera en âge d'être marqué, c'est-à-dire à deux ans, il devra l'être aux cornes avec la marque à feu du village »; obligation d'annoncer toute bête périe; « ... on appellera d'abords deux autres personnes des plus entendues, et par préférence des Gens d’office pour assister à l’examen de la bête pour ne rien hazarder dans le jugement qu'on portera, pour savoir si c'est une maladie contagieuse ou non… »: annonce des cas contagieux; « ... un verbal, lequel devra être envoyé au Seigneur Baillif pour le faire parvenir de suite par Courrier... » quarantaine et séquestre: « … le Gouverneur ou l'inspecteur défendront très sévèrement au propriétaire de la Bête périe, de laisser sortir aucune bête de son Ecurie… »; police des alpages suisses et français: « ... instructions des inspecteurs de santé des montagnes - Pour les montagnes rière le bailliage de Grandson - Concernant les montagnes des souverainetés étrangères – A l’égard de Ia montée des vaches sur les montagnes et concernant leur retour... »
Vingt ans plus tard (1785), le Collegium medicum de Lausanne se compose du bailli de Lausanne, d’un professeur (Tissot) et de cinq médecins. Ce Collège médical représente le Conseil de santé de la Ville et République de Berne. Le 20 décembre 1786 le Conseil de santé interdit le « maquignonage », non pour le danger de propagation des épizooties, mais pour empêcher la pénurie de bétail à cornes dans le pays de Vaud. LL.EE. veulent avoir continuellement dans ce pays 20’000 têtes et estiment le commerce de bétail préjudiciable au maintien de ce chiffre. En 1811, le Conseil de santé du canton de Vaud devait repousser une demande de la commune des Planches tendant à rétablir cette ordonnance abandonnée déjà avant 1798. Le 24 janvier 1798, rassemblée consultative confirme le Comité de santé du pays de Vaud dans ses fonctions. Il fait appel pour le diriger au Dr Verdeil, un des cinq médecins du Collegium medicum. Verdeil avait été condamné en 1793 pour ses menées révolutionnaires. Le 2 février 1798, le Bureau de santé (ancien Comité de santé du pays de Vaud) ordonne aux agents sanitaires de « suivre les anciens édits et de se conformer à toutes les anciennes instructions publiées » sous les Bernois. Les inspecteurs de santé et des montagnes continuèrent donc à exercer leur activité ou tout au moins à reprendre le contrôle dans leur registre des arrivées et des sorties du bétail à cornes. Le 30 septembre 1798, la Chambre administrative du canton du Léman publie un « Règlement pour l'inspecteur du bétail à cornes et des chevaux sur les foires ». Il reprend une partie du règlement de 1765 et il en cite même dans la forme et la lettre certains passages. Il précise les tâches des inspecteurs du bétail, des médecins-vétérinaires patentés, des membres du Bureau de santé, des lieutenants du sous-préfet et des agents nationaux. A noter l'ordre de citation des divers agents sanitaires où l'inspecteur du bétail vient en premier. Le 6 octobre 1806, ce règlement est toujours en vigueur; seules les dénominations du canton et des agents préfectoraux sont changées. En 1804, le Bureau de santé demande au Petit Conseil de préciser les relations entre Municipalités et inspecteurs du bétail.
II Le Conseil de santé de 1810 à 1850. Après la période troublée de la révolution et de la République helvétique, le Conseil de santé est rétabli sous ce nom dans le canton de Vaud par la loi du 1er juin 1810. Il se compose d'un président, membre du Petit Conseil (M. Detrey), d'un vice-président (Dr Verdeil), de deux professeurs de médecine et de chirurgie, du médecin et du chirurgien de l'Hospice cantonal et d'un autre membre. Il n'y a pas de vétérinaire au Conseil puisque l'article 4 de la loi dit: « Le Conseil de santé appellera à ses séances des pharmaciens et des vétérinaires toutes les fois qu'il le jugera nécessaire. » Voyons un peu de quoi s'occupent ces membres adjoints non permanents du Conseil de santé. Tout d'abord de l'expertise des examens des candidats à la patente vétérinaire. En 1827, le Conseil de santé répondait à un Tissot qu'il pouvait envoyer son fils à Alfort moyennant: 1. Avoir suivi les écoles. 2, Savoir lire et écrire ! 3. Savoir prendre une dictée ! 4. Savoir ferrer un cheval, En 1847, les vétérinaires Durussel, Levrat et Barraud sont experts aux examens d'Abram-Fréd. Dufey de Palézieux. Le 9 octobre de l'année suivante, le même collège d'experts plus Dufey préavise favorablement « à ce que MM. du Conseil de santé délivrent une patente de vétérinaire à Jules Combes âgé de 21 ans ». Le 7 décembre 1849 l'examen de Lhomme, réfugié français, est jugé insuffisant par les vétérinaires Levrat, Bertholet et Barraud. Ce qui n'empêchera pas Lhomme de devenir par la suite un vétérinaire des plus appréciés dans le canton. Le Conseil de santé, dès qu'un rapport d'un inspecteur de santé lui parvient, délègue le vétérinaire le plus rapproché pour enquête ou pour prendre les mesures immédiates nécessaires. C'est ainsi que le Conseil invite le vétérinaire Levrat à visiter, le 21 février 1835, les étalons avant leur départ pour les dépôts. Le 25 août de la même année, le vétérinaire Gudet de Pampigny est envoyé à La Vallée pour visiter un cheval péri de morve et un autre suspect d'être atteint de la même maladie. Le 29 août le vétérinaire Braillard, d'Yverdon, délégué du Conseil de santé, visite 400 têtes des environs de Sainte-Croix où une vache est périe de « typhus contagieux ». Le 23 septembre 1836 le vétérinaire Roulet, d'Echallens, fait rapport sur la morve des chevaux dans son district. En 1849, les comptes du Département de l'intérieur sur les vacations des vétérinaires nantis de missions officielles par le Conseil de santé donnent les noms suivants: Levrat, Braillard, Barraud, Dufey, Valeiry et Chevillard, avec un total pour les sommes allouées de 171 livres 60. C'est avec les inspecteurs du bétail que le Conseil de santé a le plus de correspondance. La loi de 1810 définit assez bien les attributions de ces agents. Certaines clauses pouvaient toutefois prêter à confusion, ce qui amène souvent des litiges entre inspecteurs et particuliers, juges de paix, Municipalités. Le rapport d'un juge de paix de 1812, 10 juin, s'étonne de ce que les inspecteurs infligent eux-mêmes des amendes pour les verser ensuite à la justice. Il fut répondu que « dans aucun cas il n'appartient aux inspecteurs du bétail d'imposer des amendes, ce dont il (le juge) doit avertir l'inspecteur d'Orbe en l'improuvant de s'être attribué une telle compétence. Le 2 mars 1811, le Conseil de santé se plaint au Petit Conseil de la négligence des particuliers pour l'enregistrement du bétail, surtout des chevaux, auprès de l'inspecteur du bétail. Le 31 août 1810, le Conseil de santé préavise au Petit Conseil d'instituer plusieurs inspectorats du bétail dans les grandes communes avec de nombreux villages. En 1813, c'est la validité des certificats de santé et les motifs pour délivrer ces pièces qui occupent le Conseil de santé. Deux ans après l'entrée en vigueur de la loi de 1810, le dit conseil fait rapport au Département de l'intérieur sur les mesures prises pour l'exécution de cette loi.
Le Conseil de santé a aussi étudié la loi du 17 mai 1821 sur l'établissement d'assurance contre les pertes résultant du bétail abattu par ordre des autorités. En 1827, les litiges découlant de l'application de cette loi sont encore nombreux surtout en ce qui concerne le droit à l'indemnité. Une liste de maladies rédhibitoires soumise par le Conseil de santé d'Argovie est admise dans le canton de Vaud le 12 juillet 1804: Pour les chevaux: morve, farcin, fluxion périodique, charbon, rage, épilepsie; pour les bovins: pulmonie épizootique, fièvre pestilentielle, dysenterie épizootique, charbon, rage, épilepsie; pour les porcs: ladre, pourriture des poumons; pour les moutons: claveau. La loi de 1810 ne précisait pas la nomenclature des « maladies à déclaration obligatoire ». Dès 1803 et jusqu'en 1833, le Bureau de santé échange une correspondance suivie avec les « honorables messieurs du Département de l'intérieur » pour obtenir un aide au secrétaire M. le Dr Verdeil, qui est en même temps vice-président. En 1803, le secrétaire a écrit 400 lettres et estime qu'il ne peut plus assumer cette tâche seul. « Du 10 juillet 1810 au 31 mai 1816, 8000 expéditions ont été faites et plus de 3500 pages de minutes ont été établies »; cette statistique a été établie ensuite de la demande du Département de supprimer l'aide au secrétaire. En 1833, le Conseil de santé réclame un secrétaire-copiste attitré pour ne pas avoir continuellement besoin de revenir sur l'opportunité d'un aide. A cet effet, il indique que de 1823 à 1833, le Conseil de santé a expédié 10691 lettres et écrit 6889 pages de registres (moyenne annuelle courante pour le Service vétérinaire cantonal actuellement).
Le travail du copiste était « mesuré » à l'heure, puis à la pièce dès 1834 ! En 1836, enfin, un copiste provisoire était nommé au Département de l'intérieur. Déjà à cette époque Ia question du personnel était épineuse... sans office du personnel. Il faut attendre la Constitution fédérale de 1848 légalisant l'autorité à légiférer sur la matière pour que le Grand Conseil mette en chantier une loi nouvelle sur l'organisation sanitaire; elle est votée le 1er février 1850. Jusqu'à cette date, le Département de l'intérieur s'occupe entre autres des comptes des artistes vétérinaires employés par l'Etat, de l'agriculture en général et de l'amélioration des races de bestiaux, de la police de santé des hommes et des animaux (loi de 1845).
III. Le Conseil de santé de 1850 à 1886. La loi de 1850 sur l'organisation du Conseil d'Etat prévoit deux vétérinaires comme membres adjoints au Conseil de santé, avec voix délibérative. Le 1er juin 1850, le Conseil de santé propose comme candidats membres adjoints MM. les vétérinaires Dufey, de Palézieux, Leuthold, de Cossonay, et Braillard, d'Yverdon. Le vétérinaire Levrat, de Lausanne, est membre fixe sous la présidence de MM. Fornerod, puis Veillon, conseillers d'Etat. Ce sont les vétérinaires Dufey et Valeiry, de Nyon, qui sont nommés le 14 juin. Le secrétaire-copiste est le citoyen Dellient. En 1852 nous trouvons, comme membres adjoints, les vétérinaires J. Combes, d'Orbe, et Valeiry. Puis M. Chevillard, d'Orbe, est nommé comme vétérinaire adjoint à la place de Combes qui devient membre fixe en remplacement de Levrat, Nous voyons en 1861 qu'il y a Leuthold, vétérinaire de Cossonay, comme membre adjoint. De 1863 à 1871 le Conseil de santé est présidé par les conseillers d'Etat Victor Ruffy, puis Jan; le vice-président est le Dr Recordon; le membre vétérinaire fixe Henri Combe, d'Orbe et les vétérinaires membres adjoints Leuthold, de Cossonay, et Bieler, de Rolle. En 1872 le vétérinaire Nicod, de Granges, remplace Leuthold. En 1885 le Conseil de santé et des hospices est composé comme suit: M. V. Debonneville, conseiller d'Etat, président, le Dr Dind, vice-président, et Ch. Gross, vétérinaire, de Lausanne, comme l'un des membres fixes. Le Conseil a un secrétaire et est servi par un huissier. Cette loi sur l'organisation sanitaire (1850) définit très exactement les tâches des agents sanitaires (vétérinaires, inspecteurs du bétail, équarrisseurs) Les tâches de police de santé des animaux sont les mêmes que dans la première moitié du XIXe siècle. Mêmes enquêtes, mêmes complications lors des épizooties de surlangue et de péripneumonie contagieuse. Le 4 décembre 1857, le vétérinaire Bieler demande la levée du séquestre sur les chevaux « farcineux ». Le 8 décembre, Chevillard, vétérinaire à Orbe, voudrait que les prestations de la loi d'assurance de 1821 soient également applicables à la morve et au charbon des chevaux; la réponse fut négative. La loi de 1850 restera en vigueur trente-six ans, jusqu'au moment où de graves épizooties prouveront qu'elle n'est plus en harmonie avec la première loi fédérale sur les épizooties, du 8 février 1872 – respectivement son ordonnance d'application du 20 novembre 1872.
IV. Le Service de police sanitaire de 1886 à la fin du XIXe siècle. La loi du 13 mars 1886 remplace le Conseil de santé par le Service de police sanitaire rattaché au Département de l'intérieur (chef du Département V. Debonneville) qui s'occupe entre autres tâches (art. 76) de « la police sanitaire sur les hommes et les animaux ». Le Conseil de santé et des hospices subsiste comme commission consultative. Le nouveau service occupe deux bureaux à l'étage du n° 11 de la Cité-Devant, attribué aux services du Département de l'intérieur. Ce nouveau dicastère se compose de: - Un officier de santé, M. Dr Morax, chef de service, avec un traitement de Fr. 2800- à Fr. 4000.-. - Un vétérinaire adjoint pour les questions de police de santé des animaux, traitement de Fr. 1500.- à Fr. 2000.-. M. Ch. Cross, - Un chimiste adjoint, M. Henri Bischoff, pour ce qui concerne le contrôle des denrées alimentaires, traitement de Fr. 2000.- à Fr. 3000.-. - Le secrétariat est assuré par un copiste qui s'occupe des affaires des trois services du Département !
C'est le temps où les lettres sont écrites à la main, d'une belle écriture anglaise, séchée par le sable cuivré. Sur les hauts pupitres devant lesquels on travaille debout, repose le capuchon vert de la lampe à pétrole qui éclaire faiblement la presse à copier et les gros bouquins reliés de peau verte avec étiquette rouge des copie-lettres. Haut perché sur le tabouret rembourré, le fonctionnaire à calotte noire et manches de lustrine penche la tête sur sa feuille de papier vergé, la couvrant de sa prose ampoulée et calligraphiée. Le vétérinaire fait ses visites à cheval ou en tilbury s'il en a les moyens. Le premier vétérinaire cantonal, « le Grand Gross », comme il fut appelé, faisait déjà partie du Conseil de santé à sa nomination. Diplômé d'Alfort, M. Charles Gross avait pris une clientèle à Echallens d'abord, puis à Aigle et enfin à Lausanne. Dès le 1er avril 1886 il doit la moitié de son temps à sa nouvelle tâche de vétérinaire cantonal. Il se mit immédiatement à organiser dans notre canton la lutte contre les épizooties découlant des art. 171 à 185 de la loi de 1886. Il dut mettre sur pied la confirmation de la nomination des inspecteurs du bétail par le Conseil d'Etat, prérogative enlevée aux Municipalités. Le terme d’inspecteur des montagnes est abandonné et la fonction supprimée sauf pour quelques communes (Vallorbe, Mont-la-Ville, etc. ). II faut coordonner le travail de tous les agents sanitaires visés par la nouvelle loi: vétérinaires, inspecteurs du bétail, équarrisseurs, hongreurs. Un règlement d'exécution de la loi fédérale du 28 mai 1886 sur les mesures à prendre pour combattre les épizooties, du 17 décembre 1886, modifie peu ou pas la loi cantonale du 13 mars de la même année. Le nouveau Service sanitaire a étudié le décret du 8 mai 1888 sur une assurance libre contre les pertes dues au charbon symptomatique. Cette assurance vivra de pair avec celle de 1821. Elles sont remplacées le 18 novembre 1892 par une nouvelle loi sur l'assurance obligatoire (de 1892 à 1921). En 1872, les maladies à déclaration obligatoire sont au nombre de cinq; peste bovine, péripneumonie contagieuse, fièvre aphteuse, morve et rage. En 1890, il y en a cinq de plus, soit: charbons sang de rate et symptomatique, rouget du porc, gale et clavelée. Le vétérinaire cantonal s’occupe, outre la police des épizooties susmentionnées, des équarrisseurs nommés par le chef du Département de l'intérieur, des marchands de bétail (patentes), des hongreurs et de leurs examens (arrêté de 1886), des séquestres apposés, de la police des alpages et de leur surveillance (arrêté du 30 janvier 1875 et du 5 mars 1873 sur l'énumération des montagnes), de la vérification des indemnités accordées aux particuliers et des vacations des agents sanitaires. En 1899 le vétérinaire cantonal Gross doit tout son temps à sa charge administrative. Le Service de police sanitaire, depuis la loi du 21 novembre 1892, s'est augmenté de deux unités, un assistant chimiste et un secrétaire. Il est à noter que le chimiste (M. le Dr Seiler), qui vient au troisième rang des fonctionnaires du Service de police sanitaire, reçoit un traitement de Fr. 5000.-, tandis que le chef de service, officier de santé (M le Dr Morax), n'en a que Fr. 4000.- et le vétérinaire adjoint Fr. 2500. - ! Un gros travail échoit au Service en 1896; la révision de la loi sur l'organisation sanitaire, qui est adoptée par le Grand Conseil le 14 septembre 1897.
V. Le Service sanitaire de 1900 à 1939. Dès 1901, le Service de M, Gross étudie les lois sur les Caisses locales et sur le commerce du bétail. En 1904, le Service sanitaire est réorganisé en date du 29 novembre par un arrêté et se compose de: - Un médecin chef de service, Dr Morax; - un vétérinaire, Ch. Gross; - un chimiste, Dr Seiler; - un bactériologue adjoint, Dr L. Roux; - deux assistants au laboratoire du Service sanitaire; - un secrétaire et un secrétaire-copiste. Le Département de l'intérieur (chef du Département M. Thélin) s'occupe, comme l'indique l'article 74 du dit arrêté sur l'organisation du Conseil d'Etat, de la police de santé sur les hommes et le bétail, de la gérance de la Caisse cantonale d'assurance du bétail et de la surveillance des Caisses locales d'assurance du bétail. C'est la période quiète de l'avant-première guerre mondiale. Le Service sanitaire, trop à l'étroit au dernier étage du n° 11 de la Cité-Devant, a descendu ses bureaux d'un étage, laissant ainsi la place à d'autres services du Département de l'intérieur. Les tâches du vétérinaire cantonal s'accroissent sans cesse. En 1909, la lutte contre les maladies des abeilles est rendue obligatoire. Des inspecteurs régionaux de la loque et de l'acariose, plus tard inspecteurs des ruchers, sont institués et nommés par le Conseil d'Etat. La Caisse cantonale est régie par le Département de l'intérieur (loi du 12 mai 1910 puis du 26 novembre 1923). Un inspecteur cantonal des ruchers est nommé en la personne de M. Forestier, puis MM. Emile Borgeaud, Justin Magnenat, Jaquier et, dès 1940, Arthur Valet. Nous reviendrons plus loin sur l'activité de l'inspecteur cantonal au laboratoire. La création du poste de bactériologue adjoint indique une nouvelle direction de la police sanitaire animale. D'administrative, elle s'adjoint ainsi la technique de laboratoire pour recherches de diagnostic. Voir plus loin le développement de la question des analyses vétérinaires. Le 31 mai 1913 « le Grand Gross » prend sa retraite. Sa santé déficiente ne devait pas le laisser jouir longtemps d'un repos bien mérité; en effet, il décédait le 6 juillet 1913. Le 1er juin 1913 entrait en fonction M. Henri Gallandat, nommé vétérinaire cantonal le 23 mai 1913. Il a pratiqué d'abord à Mézières, puis à Moudon où il devint préfet. Dès son entrée comme vétérinaire cantonal dans les services de M. Thélin, chef du Département de l'intérieur. il dut faire face à une épizootie de fièvre aphteuse qui, très virulente à son début en 1911, ira en s'atténuant en 1914. Le travail qu'exigeait une épizootie de fièvre aphteuse, qui durait toujours quelques années, demandait au vétérinaire cantonal et à ses services une activité des plus intenses souvent de jour et de nuit. Seules des mesures de police administrative étaient promulguées: abattage, séquestres renforcés, mise sur pied de la gendarmerie pour exécuter toutes les mesures restrictives qui ne pouvaient être acceptées de gaîté de coeur par les agriculteurs. Le vétérinaire cantonal y laissait toujours son repos, souvent sa santé, C'est d'ailleurs ce qui est arrivé au prédécesseur de M. Gallandat, puis à son successeur en 1939. La guerre de 1914 éclate et le Service de police sanitaire, qui est régi à cette époque par la loi d'organisation des départements du 13 novembre 1913, continue à assumer sa tâche le mieux possible malgré les longues relèves de son personnel. Le Service compte alors 14 personnes dont, nouveauté, des assistants chimiste et bactériologue, un chimiste analyste, des inspecteurs des denrées alimentaires, des garçons de laboratoire. En 1918, l'Office vétérinaire fédéral, créé le 1er janvier 1915 et dirigé par le professeur Dr Moritz Bürgi, commence l'étude de l'ordonnance de l'application de la loi sur les épizooties du 13 juin 1917, Le 30 août 1920, cette ordonnance est acceptée. L'épizootie de fièvre aphteuse de 1920 à 1922, la plus grave qui ait sévi dans le canton, de mémoire d'homme, retarda la mise sous toit de la loi d'application de la législation fédérale. C'est le 12 décembre 1922 que cette loi est acceptée par le Grand Conseil. La loi d'assurance de 1892 est remplacée le 1er décembre 1921 par une loi instituant une Caisse d'assurance obligatoire. Selon la loi de 1917, les maladies suivantes sont officielles: 1. La peste bovine. 2. La péripneumonie contagieuse. 3. La fièvre aphteuse. 4. La morve. 5. La rage. 6. Le charbon sang de rate (fièvre charbonneuse). 7. Le charbon symptomatique (emphysémateux). 8. Le rouget du porc. 9. La pneumoentérite infectieuse du porc et la peste porcine, (La pneumoentérite a été supprimée dans la loi par un arrêté fédéral du 2 mai 1941.)
L'ordonnance fédérale de 1920 et la loi cantonale de 1922 ont en plus: 10. L'agalactie infectieuse des moutons et des chèvres. 11. La gale du cheval, du mouton et de la chèvre, et, dès 1944 la gale sarcoptique des bovidés.
La loi cantonale de 1928 mentionne encore deux autres maladies: 12. Le choléra et la peste des oiseaux de basse-cour. 13. La loque des abeilles, puis l'acariose (arrêté fédéral du 18 avril 1923).
Du 3 avril 1933 au 13 avril 1937 (date des arrêtés fédéraux), est soumise aux dispositions de la législation: 14. La puliorose.
Dès 1943: L'anémie infectieuse des solipèdes est provisoirement à déclaration obligatoire, prescription supprimée en 1947. Le canton de Vaud admet cette maladie à la Caisse cantonale d'assurance par l'arrêté du 28 février 1947.
A ce moment le Service sanitaire cantonal se compose comme suit (loi sur l'organisation du Conseil d'Etat du 10 novembre 1920]: Département de l'intérieur, M. le conseiller Thélin. Art. 105. - Le Service sanitaire est divisé en trois sections: 1. Section sanitaire: - un médecin chef de service, Dr Delay; - un vétérinaire, M. H. GaIIandat; - deux secrétaires; - deux sous-secrétaires.
2. Section du laboratoire du contrôle des denrées alimentaires: - un chimiste cantonal et le personnel technique et administratif nécessaire.
3. Section du laboratoire cantonal de bactériologie: - un bactériologue, Dr L. Roux, vétérinaire; - deux assistants bactériologues, entre autres M. Jaquier, vétérinaire; - des aides de laboratoire; - un garçon de laboratoire. Avec cette organisation, l'on assiste à une délimitation dans le Service des parties techniques (denrées et bactériologie) et de l'administration (secrétariat). En 1924 M. Gallandat, nommé préfet de Moudon, est remplacé par le Dr Maurice Chaudet, qui a fait ses études à Zurich. Après un stage aux Grisons, il a pratiqué à Saint-Légier, puis à Vevey jusqu'à sa nomination. Dès son entrée au No 11 de la Cité-Devant, il s'attela à la révision de la loi sur la police des épizooties. En 1925-1926 une épizootie de fièvre aphteuse donne beaucoup de travail au vétérinaire cantonal et à son secrétariat. En 1926 est institué le poste de vétérinaire-délégué (médecins-délégués dès 1888). Il y en a 28 pour le territoire cantonal vaudois. Le 5 mai 1928 la loi sur la police des épizooties est promulguée et le 4 septembre 1928 la nouvelle loi d'organisation sanitaire est adoptée par le Grand Conseil. Ces deux textes législatifs sont encore en vigueur en 1950, bien que la loi sur l'organisation sanitaire soit en révision. Les besognes du vétérinaire cantonal deviennent de plus en plus nombreuses et le travail administratif augmente à tel point qu'en 1936 le personnel du Service sanitaire est séparé en deux groupes dans des locaux différents. Le Dr Chaudet reçoit deux sous-secrétaires, MM. Küffer et Roth. Ils travaillent dans deux locaux attenants aux bureaux du Service sanitaire. Les autres employés sont attribués au Dr Payât, chef de service. Cela implique un embryon de Service vétérinaire qui, tout en restant rattaché légalement et budgétairement au Service médical, glisse peu à peu vers l'autonomie. On pouvait craindre que ce mode de faire établisse un fossé entre le Service sanitaire médical et la partie vétérinaire. Toutefois cette crainte est sans fondement puisque la liaison existe et existera toujours dans le canton de Vaud entre les Services vétérinaire et médical, du fait que le médecin cantonal et le vétérinaire cantonal font partie d'office du Conseil de santé et retrouvent au sein de ce Conseil l'occasion d'étudier les maladies propres à l'homme et à l'animal. Le premier dépend, au point de vue technique, de l'Office fédéral de l'hygiène publique (Département fédéral de l'intérieur), le second dépend de l'Office vétérinaire fédéral (Département fédéral de l'économie publique) que dirige M. le professeur Dr G. Flückiger depuis 1932. Dans le canton de Vaud, la police de santé des hommes et des animaux a toujours été dans les attributions du Département de l'intérieur.
VI. Le Service sanitaire, section vétérinaire, de 1939 à 1941 Fièvre aphteuse 1937-1939. Période pénible que ressent encore maint agriculteur de notre pays. On veut espérer que c'est la dernière grande épizootie de fièvre aphteuse, grâce à la découverte en 1940 du vaccin Waldmann. Ces trois ans de travail intensif dans la lutte contre la terrible maladie ont prouvé combien le Service vétérinaire cantonal est devenu un dicastère de première importance dans les attributions du Département de l'intérieur. Aussi le Dr Chaudet, sous la législature de M. Basset, chef du Département, s'est efforcé de rendre son Service autonome. Et cela dans le seul but d'améliorer et surtout simplifier l'exécution administrative et technique des diverses tâches qui lui sont attribuées. Déjà à cette époque le Dr Chaudet prend seul ses décisions, sous les ordres de son chef de Département et ne rend compte de son travail qu'à M. le conseiller d'Etat Basset. Le médecin cantonal, M. le Dr Payât, a estimé également que la séparation des deux sections serait une solution heureuse. En effet, directions différentes dans la police de santé des hommes ou des animaux, budgets séparés, personnel administratif et technique mieux adapté et même spécialisé. Cette autonomie est votée par le Grand Conseil le 29 août 1939, en même temps que la réorganisation complète du Département de l'intérieur, réorganisation effectuée ensuite de l'entrée en vigueur de la loi sur l'assistance publique et la prévoyance sociale (1938). L'art. 105 nouveau de la loi de 1920 précitée prévoit: I. Section sanitaire médicale: a) Service médical se composant du médecin cantonal, Dr Payot, et de son personnel administratif. b) Section des laboratoires cantonaux; - 1. Le laboratoire du contrôle des denrées alimentaires avec le chimiste cantonal, Dr Bornand, et son personnel. - 2. Le laboratoire de bactériologie: -- un bactériologue, Dr L. Roux - vétérinaire; -- un assistant, Dr W. Rosset - médecin; -- des aides de laboratoires, Mlles G. Humbel et Léderey; -- des garçons de laboratoire, MM. F. Minola et Bonnefoy. - 3. Secrétariat des laboratoires avec le personnel s'occupant du travail administratif des deux laboratoires.
II. Section sanitaire vétérinaire: - un vétérinaire cantonal, Dr M. Chaudet; - un secrétaire, M. Küffer; - un sous-secrétaire, M. Roth; - un commis, M. Blanc. La séparation est cette fois-ci légale et budgétaire, puisque les traitements du personnel de la section vétérinaire sont payés par le « Fonds sanitaire ». La conflagration du mois d'août 1939 surprit le Service vétérinaire alors qu'il commençait à souffler un peu, l'épizootie de fièvre aphteuse étant à son déclin. La mobilisation générale a vidé le Service de ses employés et un peu désorienté le travail; mais, comme partout, l'adaptation aux circonstances devait se faire, les répercussions administratives n'étant pas bien importantes. Nous arrivons en 1941 et devons, avant de poursuivre, parler de la branche technique, soit le laboratoire vétérinaire.
VII. Le laboratoire de bactériologie de 1886 à 1941 Durant l'été 1941, une demande de l'Université, réclamant le rattachement du laboratoire de bactériologie au Département de l'instruction publique et des cultes est acceptée; il en est résulté la création d'un laboratoire vétérinaire par la loi du 26 novembre 1941 modifiant la loi de 1920 sur l'organisation du Conseil d'Etat. Avant d'étudier cette loi, il est nécessaire de faire un saut de cinquante ans en arrière. Jusqu'en 1889 les opérations de laboratoire consistent surtout en analyses chimiques. Dès 1890 on parle d'analyses bactériologiques des eaux. Le professeur H. Blanc est chargé, par l'arrêté du 18 avril 1893, de l'examen bactériologique des tumeurs charbonneuses. Il occupe l'étage supérieur de la place du Tunnel 11 (zoologie). Depuis les découvertes de Pasteur, l'examen bactériologique officiel des denrées périssables fait l'objet de soins attentifs de la part des autorités. Le contrôle microbien des laits, viandes, etc., est introduit au laboratoire du Service de police sanitaire de la place du Tunnel. Un local est attribué au Dr Bischoff, chimiste adjoint, poste créé par la loi de 1886. En 1903 les locaux du laboratoire sont transférés à la Policlinique nouvellement construite à la rue de la Solitude, devenue plus tard rue Dr César Roux. Comme nous l'avons vu, la loi de 1904 prévoit un bactériologue adjoint. C'est le Dr Louis Roux, vétérinaire, qui est nommé à ce poste en 1905. Le Dr Roux, après ses études de vétérinaire, a été assistant durant deux ans à l'Institut pathologique à Berne (professeur Guilleban). Cette spécialisation devait amener sa nomination au poste de bactériologue adjoint, puis de bactériologue cantonal. Il s'occupe de toutes les analyses officielles, tant humaines qu'animales, se rapportant à la recherche du diagnostic d'une maladie infectieuse. Ce laboratoire a suivi les pérégrinations administratives du Service de police sanitaire, comme nous l'avons vu par l'étude des différentes lois d'organisation. En 1924, toutes les analyses bactériologiques vétérinaires sont effectuées par les services de M. Roux. Dès 1936, le Service vétérinaire est appelé à distribuer les produits nécessaires à la lutte contre le varron, alors que déjà chaque année, depuis 1928, il fournissait le vaccin anti-charbonneux. Dès 1941 il fallut tenir à disposition des praticiens le vaccin anti-aphteux. En plus de la demande de l'Université de Lausanne de transmettre toutes les analyses bactériologiques humaines à l'Institut d'hygiène et de bactériologie de la Faculté de médecine, la création d'un institut vétérinaire se justifie par le fait qu'aux analyses bactériologiques et parasitologiques venaient s'ajouter des autopsies toujours plus nombreuses, des recherches en sérologie et histologie et autres analyses diverses. Le Département de l'intérieur est d'ailleurs légalement en mesure de créer ce laboratoire puisque l'art. 4 de la loi du 16 décembre 1940 sur la Caisse cantonale d'assurance du bétail bovin, équin et asin prévoit: "Elle pourra (la caisse) participer à la création et à l'exploitation d'un laboratoire chargé des analyses des maladies du bétail". Ce laboratoire, appelé Institut vétérinaire, prend vite de l'ampleur, comme le démontre le chiffre des analyses des années 1937-1949.
VIII. Le Service sanitaire vétérinaire de 194 à 1950. La loi de 1941 organise comme suit le Service sanitaire vétérinaire: A. Service vétérinaire: - un vétérinaire cantonal, M. le Dr Chaudet; - un secrétaire, M. Küffer; - un sous-secrétaire chargé de la comptabilité, M. Roth; - un sous-secrétaire, M. A. Blanc.
B. Laboratoire vétérinaire de bactériologie: - un chef de laboratoire, M. Dr Roux; - un assistant, Dr Siegrist, puis Dr Bouvier; - aide de laboratoire, Mue Humbel; - un garçon de laboratoire, M. Minola; - un commis, M. Corbaz.
Le Service vétérinaire cantonal est alors armé pour prendre son essor et combattre les épizooties sévissant dans le canton de Vaud avec tous les moyens que la loi met à sa disposition. Le 12 avril 1943, le décès du professeur Dr Bruno Galli-Valerio (voir article de M. le professeur Bornand) allait apporter un élément complètement nouveau dans le problème de l'organisation du Service vétérinaire cantonal et de ses laboratoires. En effet, le défunt, dans un testament détaillé, dit précisément à l'article 10: "J'institue comme unique héritier l'Etat de Vaud pour qu'il crée un institut destiné à l'étude des maladies des animaux domestiques et sauvages et des questions concernant le gibier et la pisciculture. Les recherches de cet institut, qui devra être rattaché au Service vétérinaire cantonal, seront faites essentiellement dans les cantons de Vaud et Valais et dans les parcs nationaux". En date du 4 août 1943, le Conseil d'Etat accepte le legs. Le testament est précis et le but entrevu par ]e professeur Galli-Valerio bien délimité. Immédiatement le D' Chaudet, puis son successeur, se mirent à l'ouvrage pour concrétiser le voeu du disparu.
Le 30 juin 1944, le Conseil d'Etat approuve les statuts de la Fondation Galli-Valerio et légalise le nom du nouvel Institut vétérinaire et laboratoire de recherches Galli-Valerio. Dès le 1er janvier 1943, la lutte contre la tuberculose de l'espèce bovine est entreprise dans le canton de Vaud. Cela devait amener un travail administratif, puis technique considérable, augmentant le personnel et les attributions du Service. La période de 1942 à 1948 a été une longue suite d'expériences dans la lutte contre cette maladie. Le 10 mai 1944 parvient au Service vétérinaire la nouvelle du décès de M. le Dr Maurice Chaudet. Il est remplacé le l" juin 1944 par M. le Dr André Jaccottet, vétérinaire-adjoint des abattoirs de Lausanne. Le 30 juin 1945, M. le Dr Louis Roux prend sa retraite après quarante ans de service au laboratoire de bactériologie puis à l'Institut vétérinaire. Il est remplacé par M. le Dr Georges Bouvier. La réorganisation des Départements par l'arrêté du 19 avril 1948, en vertu du statut sur les fonctions publiques du 9 juin 1947, prévoit comme suit le Service vétérinaire cantonal du Département de l'intérieur dont le chef est un vétérinaire, M. le conseiller d'Etat Gabriel Despland: Art. 18. - a) Le Service vétérinaire cantonal se compose de: - un chef de service, Dr Jaccottet, vétérinaire cantonal; - un premier secrétaire, M. E. Kuffer; - deux secrétaires ou sous-secrétaires, MM. Fornerod et Stoudmann. b) L'Institut vétérinaire et laboratoire de recherches GaIli-VaIerio: - un directeur, Dr Bouvier, adjoint du vétérinaire cantonal, - deux assistants, Drs Schweizer et Burgisser; - un premier secrétaire, M. A. Blanc; - deux sous-secrétaires, MM. F. Salomon et J. -P. Charbon; - deux préparateurs, Mlle Humbel et M. F. Minola; - un garçon de laboratoire, M. Laubscher; - un concierge. Ce dernier employé est prévu pour le bâtiment qui doit abriter le Service vétérinaire cantonal, En effet, dès 1947, le Service des bâtiments de l'Etat établit les plans du futur immeuble sur les données du personnel technique du Service vétérinaire. Le devis ascendait à Fr. 980’000.-, porté ensuite à Fr. 1'180’000.- vu l'augmentation du coût de la main-d'oeuvre. Le Grand Conseil admet le projet et le prélèvement sur les fonds suivants: 1. Fonds sanitaire: Fr. 240’000,-- 2. Assurance du bétail: Fr. 575'000,-- 3. Assurance loque et acariose des abeilles: Fr. 5'000,-- Le reste, soit Fr. 360 000.-, étant prélevé sur le Fonds Galli-Valerio. Les installations du laboratoire d'hydrobiologie sont à la charge du Département de l'agriculture, de l'industrie et du commerce, dont dépend le Service des forêts, de la chasse et de la pêche. Pourquoi créer ce bâtiment ? Le professeur Galli-Valerio a voulu créer un institut romand capable de faire toutes les recherches scientifiques nécessaires à l'art vétérinaire. Sa collection léguée à l'Institut vétérinaire par le directeur de l'Institut d'hygiène a été remontée par le Dr Bouvier. Les maladies du gibier demandent actuellement une étude de plus en plus ample. La Société des vétérinaires vaudois a chargé le laboratoire de gérer sa bibliothèque en même temps que celle de l'Institut et du Service vétérinaire. Toutes ces nouvelles tâches ne peuvent plus être remplies dans les installations du laboratoire de la Policlinique. D'autre part, le secrétariat du Service vétérinaire, trop à l'étroit à la Cité-Devant 11, doit également pouvoir donner à ses employés des locaux un peu plus spacieux et hygiéniques que les bureaux mal éclairés et mal aérés occupés depuis 1936. Dans une des pièces prévues pour deux employés, six personnes y travaillent. Tous ces faits motivent la construction du bâtiment actuel de la rue du Dr César Roux 37, qui répond aux voeux du testament de Galli-Valérie, aux dispositions de la loi cantonale d'assurance de 1940, aux nouvelles attributions du Service vétérinaire (luttes contre la tuberculose bovine - règlement du 26 avril 1949, contre l'anémie infectieuse des solipèdes - arrêté du 28 février 1947, contre le varron, de la gale sarcoptique, de l'avortement épizootique, vaccinations préventives diverses, organisation des cours pour vétérinaires, inspecteurs du bétail et des viandes, équarrisseurs, marchands de bétail, etc., etc. ), aux recherches exigées pour l'étude des maladies des abeilles, des poissons et du gibier. Au mois de septembre 1950, le bâtiment est prêt et permettra au Service vétérinaire cantonal d'accomplir les diverses tâches qui lui incombent dans des conditions excellentes. Ce regroupement nécessite la réorganisation de l'article 18 précité de l'arrêté cantonal du 19 avril 1948. Le nouveau bâtiment du Service vétérinaire cantonal comprendra: I. Le Service vétérinaire avec: - un chef de service, vétérinaire cantonal. a) Secrétariat: - deux premiers secrétaires, l'un chargé du secrétariat général, l'autre de la comptabilité du Service; - cinq secrétaires ou sous-secrétaires; - un concierge-chauffeur. b) Institut Galli-Valerio: - un directeur, adjoint au vétérinaire cantonal; - deux vétérinaires-assistants; - un préparateur chef de laboratoire; - trois préparateurs ou aides-préparateurs; - deux garçons de laboratoire; - un manouvre; - un sous-secrétaire.
2. Le Laboratoire pour l'étude des maladies des abeilles: assumé par l'inspecteur cantonal des ruchers et ses aides et le personnel de l'Institut Galli-Valerio. 3. Centrale suisse pour l'étude des maladies du gibier: créée d'entente avec le Dr Zimmerli, chef du Service fédéral de la chasse. Ces travaux sont effectués par le personnel de l'Institut GaIli-VaIerio. 4. Le Laboratoire d'hydrobiologie: qui administrativement dépend du Département de l'agriculture, de l'industrie et du commerce, mais reste subordonné scientifiquement à la Fondation Galli-VaIerio. Le chemin parcouru de 1798 à nos jours par le Service préposé à la lutte contre les maladies des animaux est immense. Il a prouvé sa nécessité et son utilité pour le maintien de la santé de notre cheptel et aussi la part très grande qu'il doit assumer dans les mesures d'hygiène humaine. La générosité du professeur Galli-Valerio, la compréhension des autorités législatives et exécutives du canton, de Vaud ont doté le Service vétérinaire cantonal et ses laboratoires d'installations pratiques et modernes. Tout le personnel de ce Service ne pourra mieux témoigner sa reconnaissance et reconnaître le privilège dont il est l'objet qu'en remplissant sa tâche journalière avec toujours plus de conscience, avec toujours plus d'intelligente application.
Extrait de JACCOTTET, André, BLANC-MISCHLER, André, "Histoire du Service vétérinaire cantonal vaudois: reprint de l'étude publiée par André Jaccottet et André Blanc-Mischler, à l'occasion de l'inauguration du bâtiment de l'Institut Galli-Valerio à Lausanne", Lausanne, Service vétérinaire cantonal et Institut Galli-Valerio, Département de l'Intérieur (Imprimerie vaudoise), 1950, pp. 11-30.
Le Service vétérinaire cantonal et l'Institut Galli-Valerio de 1950 à 1990.
Le Service s'occupera essentiellement de veiller à limiter les dégâts causés aux éleveurs et aux communautés locales par les épizooties en développant le domaine des assurances, la formation des inspecteurs, les analyses bactériologiques et parasitologiques ainsi que les visites d'alpages. La délivrance des patentes de marchands de bétail assure au Service une part non négligeable de ses revenus par le biais du Fonds sanitaire.
Assurance Caisses locales d'assurance du bétail. De 1950 à 1990, le SVET contrôle, comme le lui impose les lois de 1906 et 1959, les caisses locales par rotation annuelle. L'Etat accorde un subside modeste par tête de bétail pour assurer la vaccination. L'assurance cantonale obligatoire du bétail couvre la fièvre aphteuse, les avortements épizootiques, les mélitensis, les charbons symptomatique et de parturition, le charbon sang de rate, la tuberculose bovine, la gale sarcoptique des bovidés, l'anémie infectieuse des solipèdes, la lutte contre le varron (oestre des bovidés) ainsi que la gestion des contributions cantonales et des subventions fédérales. L'assurance prend aussi en charge les dégâts causés aux abeilles (loque américaine et européenne et acariose des abeilles), dégâts dépistés précocement par les inspecteurs des ruchers. Les épizooties, sans disparaître totalement seront jugulées et confinées à des proportions supportables par les nombreuses inspections organisées par le SVET durant cette période.
Prévention La prévention est assurée par d'innombrables visites dans les étables et les alpages effectuées par les inspecteurs du bétail, les inspecteurs régionaux des ruchers, les équarrisseurs, les inspecteurs des viandes et le contrôle des importations de chevaux, de bétail de boucherie et de viande. La visite des alpages et pâturages prolonge une pratique déjà établie à l'époque bernoise, évitant ainsi le déclenchement et la propagation des épizooties. Bon an mal an, ce seront pas moins de 150 chalets et estivages qui seront visités durant cette période. Le commerce de bétail est seulement contrôlé au moyen de la délivrance des patentes et des cartes de courtiers en bétail, ainsi que des cours organisés à l'intention des commerçants. Dès 1952, il est fait mention du contrôle des produits congelés.
L'Institut Galli-Valerio Durant cette période, l'Institut assure le volet scientifique de la protection des éleveurs et des consommateurs en dépistant les maladies du cheptel au travers des analyses bactériologiques et parasitologiques sur le sang et le lait. La sollicitation de l'institut est en fluctuation constante avec tendance épisodique à la hausse. En 1990, l'Institut a effectué 90.000 analyses.
Les maladies emblématiques : fièvre aphteuse et rage Ces deux types d'épizooties sont à même de marquer la mémoire collective par leur ampleur, leur côté récurrent, la violence de leur propagation et durant longtemps, l'impuissance des hommes. Les mesures habituelles, consistant en l'abattage sélectif, la désinfection des locaux, la quarantaine des villages et la campagne de vaccination massive, n'empêchent pas la diffusion de la maladie, amplifiée par les échanges avec la France, dont les autorités regrettent l'absence de sévérité dans les contrôles. Relevons aussi que, dans les années cinquante, ce ne sont pas moins de 8'000 bêtes qui vont estiver sur les alpages français. En 1950, quelques cas sont signalés mais isolés, alors qu'en 1952, les visites d'alpages doivent être supprimées pour éviter les risques de propagation. En 1957, plusieurs cas sont signalés, parallèlement à la tuberculose bovine et à la brucellose des espèces bovine, ovine et caprine. En 1960, une épidémie de fièvre aphteuse la plus importante depuis 20 ans (1940), oblige les services à prendre des mesures d'abattage massif : 8 districts et communes sont touchés, provoquant l'abattage de 574 bovins et 449 porcs. En 1962, l'épizootie nécessite l'abattage de 19'159 têtes de bétail, et donne l'impression de se répandre comme un feu sans cesse renaissant. La fièvre aphteuse n'est qu'une des composantes des épizooties relayées par la tuberculose bovine, la brucellose bovine et l'acariose des abeilles. Les analyses réalisées par l'Institut en 1962 augmentent de 10'000 unités, passant à 177'232 analyses. De même, en 1965 et 1967. En 1965, une nouvelle « flambée » de fièvre aphteuse pousse les autorités à durcir la législation en cette matière. Par contre, dès 1967, la campagne systématique de vaccination engagée dès le début des années soixante (à raison de 150'000 unités par année) porte ces fruits. Cette année-là, le SVET déclare qu'aucun foyer de fièvre aphteuse n'a été constaté. La proportion de cas tombera régulièrement à moins de 1 pour 10.000. La lutte contre la brucellose (Bacille de Bang) et la tuberculose bovines commence effectivement à porter ses fruits dès 1970, mais d'autres analyses relèvent la présence de rickettsiose, de salmonellose, de leptospirose et d'ornithose-psittacose, augmentant d'autant la contribution scientifique de l'Institut. En 1972, l'Institut pratique en collaboration avec le Musée de zoologie, le laboratoire cantonal, l'Institut de chimie minérale et analytique et l'Institut de chimie organique de l'Université de Lausanne, un grand nombre d'autopsies d'animaux sauvages en vue de la recherche de pesticides, spécialement chez l'avifaune. Dès 1975, le SVET annonce régulièrement que « la situation sanitaire du bétail vaudois reste favorable ». Cette même année, la menace de rage se précise dans les départements français voisins. Un projet de loi fédérale sur la protection des animaux, fortement inspiré par les expériences vaudoises et la loi du 28 novembre 1955, qui feront du canton un canton pilote, est mis en consultation. En 1978, la rage touche tous les districts et dès lors tout le canton se trouve en « zone d'interdiction pour cause de rage ». En 1980, une recrudescence de la rage non alarmante, consécutive à la reconstitution naturelle des populations de renards est constatée. La vaccination au moyen des cous de poulet déploie ses effets dès 1983, mais une nouvelle maladie des pigeons, par un virus de la NCD (pseudo peste aviaire, la paramyxovirose) provoque des troubles nerveux et l'on craint sa transmission aux volailles. Dès 1985 et pour les années suivantes, la rage et les autres épizooties sont stabilisées, Seule la lutte intégrée contre la varroase des abeilles se poursuit avec difficulté et il a été enregistré la perte de nombreuses colonies. Dans sa lutte contre les épizooties, la Caisse cantonale des épizooties achète le domaine de Vuissens, comprenant deux chalets d'alpage ouverts à la recherche dès 1966.
Formation professionnelle Dès 1960, le SVET organise sur une grande échelle, la formation de ses représentants sur le terrain, concernant les inspecteurs du bétail, les inspecteurs des viandes et les marchands de bétail. Dès le début, plusieurs dizaines de personnes seront concernées chaque année bien que la fièvre aphteuse oblige les autorités à renvoyer certains cours. En 1962, les équarrisseurs sont également intégrés ! Les candidats des cantons du Valais et de Genève sont associés à cette formation, plus tard ceux de Fribourg, Neuchâtel et Berne. Dès 1965, des diplômes sont délivrés aux participants. En 1970, apparaissent les « cours de répétition pour inspecteurs du bétail ». De 1960 à 1990, plusieurs centaines de diplômes seront délivrés.
Centre des déchets carnés (Penthaz) Construit en 1969, le bâtiment est d'emblée mal calibré et le seul four utilisé en 1970 se verra doublé par la suite. Il s'agit d'incinérer les 200 tonnes de déchets carnés produits annuellement pour éviter leur dissémination sauvage. En 1972, le cap des 266 tonnes est franchi pour atteindre 533 tonnes en 1983 et stabiliser à 520 tonnes vers 1987. En 1975, déjà, le centre de Penthaz étant engorgé. C'est le Centre d'équarrissage de Saint-Amour en France, qui prend le relais de l'incinération des déchets présentant un danger d'épizootie.
Inspection des viandes Dès 1980, les contrôles cliniques des viandes et des préparations en découlant s'effectue conjointement avec le Laboratoire cantonal et l'Office vétérinaire cantonal, les analyses bactériologiques étant effectuées par l'Institut Galli-Valerio. Cette recherche mettra en évidence la surabondance d'hormones dans la viande de veaux, par exemple.
Protection des animaux Une Commission de surveillance des expériences animales voit le jour en 1982 et siège plusieurs fois par année. Elle compte rapidement, dès 1987, des représentants valaisans et genevois pour accorder des autorisations à 8 entreprises industrielles, 25 instituts universitaires et 6 laboratoires de diagnostic privés. En 1985, le rejet de l'initiative de Franz Weber « Pour la suppression de la vivisection » laisse penser le haut degré de compétence de cette commission et l'efficacité de l'action du SVET en cette matière.
Activités législatives et éditoriales du SVET Durant toute cette période, le SVET sera constamment sollicité à donner son avis ou à participer à l'élaboration des textes législatifs. Ceux-ci s'accompagnent d'une intense activité statistique, centralisée dès 1980 par le SCRIS. Enfin, et pour autant que les impératifs professionnels leur en laisse le loisir, le personnel du SVET et de l'Institut Galli-Valerio publient régulièrement des communications scientifiques, présentées dans le rapport d'activité du Service. |
| Organisation interne: | Rattachement administratif: Département de l'intérieur |
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